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09.11.2005

Le paradoxe de Louis XVI

Réprimer quelques personnes ou en laisser tuer des milliers.

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Face aux premières émeutes de mai 1789, Louis XVI a choisi d’interdire aux force de l’ordre de se servir de leurs armes. Ce texte raconte comment la troupe a commencé par en faire usage, avec succès face à une manifestation rue Saint Antoine, avant de se mutiner en partie lors des journées décisives du 23 juin, du 14 juillet et du 6 octobre. Le refus de sévir, au riste que de les tuer, contre quelques centaines de révoltés a précipité l’Europe dans 25 ans de guerres.
Ce paradoxe est toujours présent de nos jours. Les consignes de tir actuelles des forces de l’ordre sont très restrictives, et contestées a demi mots par de jeunes militaires. La question des moyens de répondre à la guérilla urbaine anti-française que nous subissions, détaillée dans ce texte, est discuttée entre Villepin et Sarkosy, mais surtout analysée dans le détail sur le site de Ludovic Monnerat. Ce Lieutenant Colonel de l’armée suisse, analyste et théoricien de la guerre contemporaine sur Checkpiont-online.ch pose la question de la naissance de révoltés perpétuels, avec leurs rap d’appel à la haine et leurs défis rituels contre l’Etat. Il considère que le conflit est inévitable, avec l’utilisation de défis et de rumeurs d’attaques contre les mosqueées pour mettre en route le cycle provocation-répression.
Images tirées des « lundis du Figaro » de Caran d’Ache (photo Annales HSC)

Commentaires

Que n'a-t-il fait surtout tirer les Suisses le 10 août 1792 !

Ecrit par : Gauthier | 10.11.2005

Quel dommage que l'histoire n'ait pas de fonction "rewind"!

Ecrit par : l'homme dans la lune | 10.11.2005

L'enchainement des causalités illustrée par le " paradoxe de louis XVI" revient à poser à une principe de précaution étendue à l'infini, ce qui conduit à interdire à tout papillon de voler. Pour les ignorants, je fais référence à "l'effet papillion". Je n'en dirai pas plus sur pour ne pas faire pédant. Sinon, cette argumentation rejoint le point de vue classique pour légitimer la torture que ce soit hier (l'armée française) ou aujourd'hui (La CIA voulue par Bush et Néocon). Les méthodes des premiers ont-ils empêché un seul attentat jugé imminent et Guantanamo a-t-il une quelconque efficacité ? Dans les deux cas, la défaite à été "politique".
Notre cher militaire suisse se situe dans le cas d'une guerre dite "asymétrique" où l'ami "militaire" surarmé qui doit faire face à des "ennemis" civils, ce qui implique une nouvelle forme d'escalade qui au lieu de culminer dans l'accumulation d'Armes de Destruction massive ou le sytème MAD dans la diialectique de la guerre froide a pour résultat la multiplication de bombes humaines. C'est la version édulcoré de la dissuasion du faible au fort, doctrine il est vrai non helvétique mais bien fgrançaise.
La nombre de volontaires et de martyrs des causes perdus dans certains contextes peut-être inépuisable. Ce militaire pourra toujours s'indigner du comportement indigne qu'il est obligé d'adopter pour faire face à l'indignité supposée plus grande de ces ennemis qui forcent des enfants ou des femmes à servir de bombe. Qu'il cherche l'absolution ailleurs. Quant à l'impatience de quelques jeunes militaires, il faudrait leur rappeler que les CRS ont montré depuis belles lurettes qu'ils sont plus efficaces, car ils respectent le principe de proportionalité des moyens aux fins, principe qui sous-tend également le droit international de la guerre (jus in bellum). A moins, que selon une nouvelle logique, il est d'autant plus nécessaire d'enfreindre ce principe que l'on doit faire face à des civils. La catégorie "ami"/"ennemi" chère à Carl Schmitt devient le nouvel évangile selon "les pompiers pyromanes" de certains politiques et militaires "réalistes".
Excuser de mes longueurs.

Ecrit par : yilmaz | 23.11.2005

Cher correspondant, il ya une différence entre l'Irak ou l'Algérie et la France de 1789, les adversaires se percevaient comme faisant partie de la même nation. Trouver la bonne mesure entre libertés et répression n'est jamais évident, en particulier quand elle se même à des questions d'identités nationales opposées

Ecrit par : l'homme dans la lune | 24.11.2005