15.01.2007

Sarkosy fan tutte

Adepte de la la démocratie compassionnelle, Sarkosy se moule parfaitement dans notre « démocratie » médiatique, qui privilégie les sentiments « Cette émotion qui me submerge au moment où je vous parle [et qui était écrite dans le discours préparé d’avance] , je vous demande de la recevoir simplement comme un témoignage de ma sincérité, de ma vérité, de mon amitié. ». Il se donne un visage compassionnel « J'ai changé parce que nul ne peut rester le même devant le visage accablé des parents d'une jeune fille brûlée vive. » et applique ainsi les maximes de Mirabeau « Aussi faut-il, pour le rendre docile et heureux collectivement que l'on " s'empare (...) de son imagination. Il s'agit donc moins de le convaincre que de l'émouvoir; moins de lui prouver l'excellence des lois qui le gouvernent que de les lui faire aimer par des sensations affectueuses et vives ».
Sarkosy le candidat de la rupture sémantique a eu l’habileté de trancher avec le ron ron libéralo-gestionnaire des pontes du parti, incapables de parler d’autres choses que d’économies et de baisses d’impôts.
Il parle d’histoire, de patrie et de culture dans un esprit très orléaniste, "à toutes les gloires de la France" avec le drapeau blanc, le drapeau rouge et l'inévitable bleu blanc rouge. Il parle des héros de la résistance, mais ne dit pas comment il va faire pour réintroduire dans les programmes scolaires une instruction morale et civique qui ferait l’éloge des cathédrales, de Danton et de la première république née dans les massacres de septembre, de la guerre continuée de Clémenceau et du très relatif souci des pauvres de Jaurès.
Il utilise des valeurs et des personnages héroïques sans réussir a montrer qu’on peut concilier sans contradictions insurmontables l’orange païen et de la pourpre ecclésiastique, laisser Roselyne Bachelot s’opposer aux discriminations et Christine Boutin défendre la personne dès sa conception ou faire un éloge de la Tolérance en citant l’esprit de sacrifice des moines de Tibhirine, unir la Méditerrannée comme on a uni l’Europe et défendre les femmes contre la burqa.
C’est sur l’Europe qu’il mange le mieux à tous les rateliers, il vaut un « traité simplifié » sans référendum et un « gouvernement économique » mais avec « de la subsidiarité » et veut que personne ne puisse « obliger un Etat à s’engager dans une politique à laquelle il est opposé ».
Il tente une synthèse au nom d’une république qui tiendrait ses promesses d’émanciaption et de solidarité, contre la république virtuelle des socialistes. La réalisation effective de ces promesses serait plus crédible si il ne se contentait pas de dire qu’il faut respecter les fonctionnaires, mettre les régimes sociaux de retraites au niveau commun. C’est lui qui a brisé la résistance face aux bloqueurs de facs anti-cpe, c’est lui qui a rompu la jurisprudence qui permettait d’expulser des élèves enfants de clandestins, aura t’il demain le courage qu’il n’a pas eu hier.
Il faudrait qu’il montre plus précisément par quels moyens précis il mettra en œuvre ses belles aspirations. Il le fait sur certains sujets, en proposant d’augmenter la part des impôts sur la consommation, ce qui revient à faire payer les retraités et les pays étrangers qui exportent chez nous, mais là c'est étrange, il ne s’en vante pas.

Issu des vieilles traditions des républicains modérés à la Mandel, Sarkosy a compris qu’on pouvait être populaire en renonçant au discours de gauche, il ne lui reste plus qu’à comprendre qu’il pourrait être élu et réélu en menant effectivement une politique de droite, dans le cadre d’une alliance avec les hommes, les idées et les actions de la droite chrétienne et de la droite nationale.

Commentaires

votre titre m'a bien fait rire, je l'avoue
je partage votre analyse ; l'homme est plus illisible que jamais, on n'est pas bien avancé ...

autre sujet, que pensez vous de la pétition lancée contre le projet Louvre Abu Dhabi.


http://leconservateur.bafweb.com/index.php?2006/12/19/406-petition-contre-le-demembrement-du-louvre-par-le-quai-d-orsay

Ecrit par : le conservateur | 15.01.2007

Alexandre Poussin et Sylvain Tesson traversaient les steppes du Béloutchistan, il avaient avec eux une reproduction de la naissance de Vénus de Boticcelli ... qui été volée par de pieux traficants musulmans, tout émoustillés par la vue de tant de chair dénudée.
S'agit il d'un progrès de l'émancipation fémnine? ....
Plus sérieusement je pense que c'est une bonne chose de PRÊTER quelques oeuvres, y compris dans le cadre d'une structure permanente, à des pays étrangers pour leur faire connaître et aimer notre pays et sa culture chrétienne.

Ecrit par : l'homme dans la lune | 15.01.2007

c'est vrai, je conçoit bien ce que vous voulez dire, mais que le quai d'orsay, contre un gros chèque, impose cela contre l'avis de nos conservateurs de musée qui sont des gens très raisonnables ...

c'est une ingérence insupportable de la politique la plus lunatique dans les affaires du patrimoine, et donc un très dangereux précédent, et la porte ouverte à n'importe quoi ... à mon humble avis

Ecrit par : le conservateur | 15.01.2007

Je suis bien d'accord. Depuis que le Quai est dirigé par le Con-d'orsay et le pays par le CHI-qui-varie le patrimoine de la France est jeté à la rue.

Ecrit par : l'homme dans la lune | 15.01.2007

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